For a Literature of "Déracinement"

Gina Stamm

Résumé


Cet article vise le recadrement d’une littérature qui, quoique située géographiquement et socialement dans l’espace rural français, ne peut pas être catégorisée uniquement comme d’un intérêt régional ou provincial, comme une littérature de la “petite patrie”. En séparant ces ouvrages d’une tradition où de tels milieux sont enracinés dans l’atavisme, possiblement dans l’ethnocentrisme, il est possible de les lire comme offrant un point de vue “global” plutôt qu’une ambition faussement “universaliste”. Ces deux catégories ont été formulées par le théoricien postcolonial Édouard Glissant, qui distinguait le désir universaliste/universalisant qui fait passer une expérience spécifique pour une valeur universelle, et une littérature globale qui se branche sur des réseaux de forces mondiales tout en restant connectée à l’environnement physique où on situe leurs histoires. Cela est aussi l’idée d’une “littérature-monde”, où les littératures rurales font partie d’un réseau rhizomique de littératures périphériques qui peuvent, au fait, se parler entre elles plus facilement qu’à la grande littérature universalisante, tout en maintenant une connexion biorégionale, presque géologique avec leur endroit d’origine. Cette catégorie de la littérature globale et rurale nous permet de revaloriser des ouvrages qu’on a rejetés comme isolés et régionalistes, et de resituer certains livres reconnus comme de la grande littérature dans leur contexte social et environnemental, dans ce réseau de littératures périphériques où ils prendront une nouvelle signification.


Mots-clés


ruralité; régionalisme; biorégionalisme; post-colonialisme; littérature-monde

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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