Paris, ville fantôme : l’identité française dans les romans de Patrick Modiano

Sophie Chopin

Résumé


L’émergence de villes fantômes est parfois comprise aujourd’hui comme étant le symptôme d’un monde en constante mouvance. En France, la désertion des habitants des centres-villes sous l’effet du déploiement des activités tertiaires, de la finance et du tourisme se montre un facteur critique des conditions d’habitabilité de la ville moderne, risquant parfois d’affecter une certaine idée de l’identité française au sein des imaginaires. La production romanesque de Patrick Modiano, ces dernières années, a mis en scène toute une série de personnages plongés au cœur même de ce Paris déserté, capitale appréhendée sous le prisme de la ville fantôme. Qu’il s’agisse des Boulevards de Ceintures ou bien encore du Quartier Perdu, ces récits aux titres évocateurs déploient un large éventail de personnages – souvent exilés, apatrides, portant le statut de réfugié et convoitant la naturalisation française, autant d’entités subjectives pour lesquelles l’identité française demeure à la fois source de fascination (quête) et de répulsion (fuite). Considérant la mesure dans laquelle cette récente fascination artistique pour les espaces urbains abandonnés et autres espaces « blancs » de la ville interroge profondément les marqueurs d’une condition urbaine à la fois française et contemporaine, il s’agira d’analyser plus en détails le cas spécifique de la ville fantôme mise en place par Patrick Modiano, à l’intérieur de laquelle différentes modalités de la « francité » se dessinent et méritent d’être abordées dans le contexte d’aujourd’hui.


Mots-clés


Modiano; ville; urbain; fantôme; flâneur

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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