Des usages du “peuple” dans les manifestes pour une littérature-monde

Laude Ngadi Maïssa

Résumé


Cet article fait le pari d’étudier les différents usages du terme « peuple » dans les trois principaux manifestes du mouvement Pour une littérature-monde. Le texte prend le parti d’une lecture « holiste » des emplois lexicaux et sémantiques de ce mot ; il propose aussi une analyse des postures d’auteur qui se revendiquent d’un contexte résolument postcolonial et mondialisé. Les trois sens identifiés de cette notion sont construits à partir d’une opposition, entre le peuple-nation et le peuple-monde, qui se situe dans la logique du discours antithétique propre au genre littéraire considéré. Les sens ethnologique et biblique sont alors antinomiques aux dimensions cosmopolite ou multiculturelle qui ne manquent pas d’évoquer un peuple de fiction. Les postures révèlent un désir chez les auteurs de faire référence à l’histoire et à la géographie de leurs espaces d’origine afin de témoigner de la diversité des peuples francophones ; elles montrent en outre que, traçant le sillon d’une mondialité transhistorique et transculturelle à contre-courant des stigmatisations identitaires entretenues par les instances politiques et culturelles de la Francophonie, la circulation des imaginaires ainsi que la connexion entre les auteurs du Nord et de Sud sont les meilleures illustrations de cette pluralité.


Mots-clés


usages; peuple; littérature-monde; posture; manifeste

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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