Autoportrait de l’homme aux mille voix ("Voix off" de Podalydès)

Marie-Chantal Killeen

Résumé


Dans son bel essai Façons de lire, manières d’être (2011), Marielle Macé nous enjoint de rejeter en bloc la thèse selon laquelle il existerait d’un côté la lecture et la littérature, et de l’autre “la vraie vie”. Bien au contraire, insiste-t-elle, la chose littéraire et l’expérience de la lecture portent au cœur même de notre existence quotidienne en éveillant notre sensibilité, voire en fabriquant les êtres que nous sommes et que nous aspirons à devenir. C’est cette même intuition qui traverse de bout en bout le texte autobiographique Voix off (2008) de Denis Podalydès, célèbre acteur de la Comédie française qui se distingue justement par son extraordinaire plasticité vocale. Au fil de fragments qui prennent la forme de “Voix” singulières, autant celles de ses proches que des grands comédiens auxquels il rend hommage, Podalydès s’applique à prêter l’oreille au riche écheveau de voix à partir desquelles quelque chose comme la sienne s’est façonnée. Ce texte stéréophonique me conduira ainsi à réfléchir sur la question de l’identité et de la voix — celle-là même que chacun suppose posséder en propre mais qui se révèle ici foncièrement poreuse et porteuse de multiplicité. Il s’agira par ailleurs d’examiner comment Voix off, sans pour autant relever du genre de l’autofiction au sens où l’entendait Serge Doubrovsky, revendique tout haut les origines pour ainsi dire fictionnelles de l’homme, nourri et pétri dans sa fibre la plus intime d’imaginaire, de littérature et d’altérité.

 

 

 


Mots-clés


voix off; autoportrait; Denis Podalydès; Marielle Macé

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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