“Il faudrait que je meure ou que j’aille à la plage”. Effets de posture et soupçon de bonne foi dans “Présence humaine” de Houellebecq et Burgalat.

Gaspard Turin

Résumé


L’incursion de Michel Houellebecq dans le monde du rock, en 2000, ne s’inscrit pas comme on pourrait le penser dans une stratégie marketing ou médiatique, mais procède d’une affinité élective entre le romancier et le musicien et producteur Bertrand Burgalat. Le résultat de cette collaboration, Présence humaine, a été largement perçu par la critique musicale comme un exercice d’“easy-listening”, au risque de faire passer la performance pour cynique, et ressortissant à un genre rock moribond. L’analyse précise du fonctionnement de ces chansons démontre pourtant que si les codes du rock y sont démantelés, le genre en question n’en est pas moins réinvesti, aussi bien par le musicien que par le parolier, qui trouve avec cet hapax un moyen de quitter le domaine médiatique et la posture d’auteur qui lui est concomitante. A la performance médiatique du romancier répond alors une performance musicale, éphémère, presque gratuite, où redevient possible l’expression d’un for intérieur.

Mots-clés


chanson; rock; poésie; posture; Houellebecq; Burgalat

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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