L’habiter écologique et l’imaginaire paysan chez Marie-Hélène Lafon et Michel Serres

Stéphanie Posthumus

Résumé


Dans cet article, nous nous pencherons sur l’imaginaire paysan dans l’œuvre du philosophe Michel Serres et de la romancière Marie-Hélène Lafon qui illustrent tous les deux l’habiter écologique non pas comme lieu ou édifice, mais comme ensemble de pratiques ou façon de faire avec l’espace. En nous servant de l’écocritique comme perspective littéraire et théorique, nous contrasterons deux approches différentes, l’une philosophique, l’autre littéraire, pour (re)penser l’imaginaire paysan : alors que Serres développe un contrat naturel global à partir du modèle du paysan, Lafon raconte des histoires individuelles, soulignant l’emplacement dans le Cantal, qui empêche de faire du paysan un modèle global. En même temps, nous considérerons les ressemblances chez Serres et Lafon qui conçoivent un corps poreux, ouvert, et sensible, un corps composant avec les odeurs, images, sons et lumières de paysages divers. Enfin, nous comparerons la manière dont chaque auteur se sert du langage pour dire l’expérience de l’habiter écologique : Serres utilisant des comparaisons, métaphores et analogies pour faire voir le monde comme un réseau de connections, et Lafon des listes de noms, verbes, adjectifs pour créer l’hétérogénéité du milieu. Tout compte fait, il s’agit d’utiliser l’écriture comme manière d’habiter le monde, réduisant l’écart entre le langage et le réel et faisant du texte un oikos où le lecteur fait l’expérience des lieux “vécu”, “récité”, “rêvé”, “respiré”, “flairé” (Lafon, Album).


Mots-clés


écocritique; Michel Serres; Marie-Hélène Lafon; imaginaire paysan; rural

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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