Une intériorité sans psychologie ? Étude sur trois romans de la vie intérieure (Kerangal, Lenoir, NDiaye)

Frédéric Martin-Achard

Résumé


Si la prose romanesque contemporaine marque un retour à la question de l’intériorité, il semble en revanche que cet intérêt renouvelé pour la vie intérieure ne s’accompagne pas d’une résurgence du roman d’analyse psychologique. Cet article étudie les formes que peut prendre cette vie psychique sans psychologie chez trois romancières qui manifestent un « souci de la vie intérieure » : Marie NDiaye, Maylis de Kerangal et Hélène Lenoir. L’abandon du réalisme et de l’analyse psychologique coïncide avec l’abandon des pouvoirs et du surplomb cognitif de la voix narrative. Ainsi sont donnés à voir par le biais de phénomènes de brouillage énonciatif et de point de vue, l’intériorité opaque de personnages absents au monde, aux motivations obscures chez NDiaye et Lenoir, et un vécu infraverbal, une kinesthésie des émotions chez Kerangal. Au final, c’est une intériorité sans secret enfoui que mettent en scène ces romans. 


Mots-clés


NDiaye; Kerangal; Lenoir; intériorité; point de vue; style indirect libre; énonciation; stylistique

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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