Des best-sellers en tête de gondole des bibliothèques ? Valeur littéraire et stratégie professionnelle

Cécile Rabot

Résumé


Cet article se propose d’interroger la définition de la catégorie « bestseller » et le statut ambigu de celle-ci en analysant la manière dont les bibliothèques de lecture publique s’en emparent. Il repose sur une enquête menée de 2005 à 2011 dans les bibliothèques de la Ville de Paris autour des collections et de leur valorisation. Il met en lumière un écart entre des discours de mise à distance liés à l’illégitimité de ce type de produits culturels, et un investissement réel, lié à des stratégies professionnelles visant à toucher des publics larges et à accroître les taux de rotation des collections, ou à les maintenir tout en investissant des segments moins vendeurs. L’article étudie ensuite un dispositif de promotion de livres à succès, qui recoupent en partie la catégorie des bestsellers mais sont beaucoup plus explicitement soutenus que les bestsellers émanant du pôle commercial du champ éditorial qui sont seulement consentis sans être mis en avant. Il s’agit d’ouvrages qualifiés de « Nouveautés » et commandés de manière anticipée sur la base de leur succès prévisible, avec une apparente hétéronomie qui semble mettre en cause le professionnalisme des bibliothécaires et s’opposer à la politique d’offre qui vise à faire découvrir une production littéraire moins connue. L’analyse des logiques de ce dispositif et d’un corpus d'ouvrages sélectionnés pour en faire partie permet d’explorer l’hétérogénéité de la catégorie des « livres à succès » et les hiérarchisations internes qui la caractérisent.


Mots-clés


best-seller; succès; légitimité; bibliothèque; identité professionnelle

Texte intégral :

PDF HTML





2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
Sauf indication contraire, textes et documents disponibles sur ce site sont protégés par un contrat Creative Commons CClogo