Littérature populaire et sociabilités numériques :
le best-seller sur YouTube
1En 1839, Sainte-Beuve fustigeait dans la Revue des Deux Mondes “l’invasion de la démocratie littéraire” et l’omniprésence d’une “littérature industrielle”[1]. Près de deux siècles plus tard, la réticence des “gendelettres”[2] face à la littérature de masse reste une posture structurante dans certains espaces médiatiques. Le best-seller, objet ambigu du champ littéraire, se trouve au carrefour de cette dialectique du pur et du marchand. Il cristallise une logique ambivalente, où “l’affichage du succès auprès du public le plus large […] détermine le marché de la grande consommation et s’oppose ainsi à la consécration par la critique des spécialistes reconnus du circuit restreint de la littérature”[3]. Mais cette traditionnelle dichotomie se trouve parfois nuancée par des évolutions contextuelles, qui contribuent à renouveler les représentations dominantes. Les potentialités offertes par le numérique ouvrent ainsi de nouveaux territoires de médiation culturelle, instituant leurs propres codes, normes et langages.
2Au sein de cette prolifération des possibles se distingue un espace particulier, émergeant au sein de la plateforme audiovisuelle YouTube. Depuis 2009, les contributions d’internautes publiant des vidéos pour partager leur passion pour la littérature se multiplient sur ce site, jusqu’à constituer un microcosme désigné sous l’appellation Booktube[4]. La journaliste Amélie Trébosc définit les Booktubeurs comme “des lecteurs [qui] publient des vidéos en ligne pour parler de leurs lectures, partager leurs découvertes et coups de cœur”. Ils se filment la plupart du temps chez eux, devant leur bibliothèque, pour proposer leurs propres critiques de romans “en monologue face caméra”[5]. D’après une étude récente, ces “lecteurs 2.0” sont souvent des femmes d’une vingtaine d’années, qui s’adressent à un public lui aussi majoritairement féminin, âgé de 15 à 25 ans[6].
3Ce nouveau format médiatique, où les Booktubeurs les plus populaires peuvent cumuler plusieurs millions de vues[7], contribue à la mise en circulation de discours sur la littérature au sein de l’espace public. À ce titre, l’univers Booktube participe à la construction d’imaginaires sociaux relatifs à l’objet livre en général, et aux best-sellers en particulier. Quelle est la nature de cette relation entre nouvelles médiations audiovisuelles et livres à succès ? Dans quelle mesure l’émergence de ces pratiques renouvelle-t-elle les perceptions du best-seller ? On cherchera ici à saisir les nombreuses convergences entre la logique du best-seller et les cadres sociaux, techniques et sémiotiques du dispositif YouTube. Il s’agira ensuite de questionner l’autonomie de Booktube comme espace critique, à partir des analyses d’un roman de Guillaume Musso par six Booktubeurs différents. Cette cartographie des jugements de valeur nous permettra de souligner la manière dont le statut ambivalent de cette nouvelle figure du lecteur, entre professionnalisme et amateurisme, contribue à brouiller les frontières entre littérature légitime et littérature de consommation.
Médiations du best-seller : YouTube, un espace ad hoc ?
4Selon Pierre Bourdieu, les auteurs de littérature populaire se situent au pôle dominé”[8] du champ littéraire, dans la mesure où ils restent subordonnés “à la demande du grand public et des contraintes du marché”[9], et donc peu autonomes, ce qui leur vaut une faible reconnaissance par leurs pairs. Mais cette hétéronomie peut devenir avantageuse lorsqu’elle est transférée au sein d’un univers médiatique comme celui de la télévision, qui valorise la validation par le plus grand nombre (“critère audimat”[10]). L’inscription dans une médiaculture[11] peut ainsi mener à une inversion de la valeur associée aux objets sociaux. Qu’en est-il alors de l’influence de la mythologie d’Internet sur les perceptions associées au best-seller ? De fait, la “culture YouTube” qui irrigue le microcosme des Booktubeurs peut contribuer à produire une conceptualisation différente du best-seller. D’un produit marginalisé, à la frontière de la “vraie” littérature, il devient, dans ce nouvel environnement médiatique, l’incarnation de l’objet littéraire par excellence. Ce passage du statut d’exception au statut de norme est influencé par l’inscription dans une logique sociotechnique particulière.
La promesse démocratique de YouTube : le double sens du populaire
5L’émergence de la communauté Booktube s’inscrit au sein d’un espace médiatique qui mobilise des représentations sociales spécifiques : la plateforme YouTube. Créé en 2005 et comptant désormais plus d’un milliard d’utilisateurs[12], ce site d’hébergement fonctionne sur le modèle du user-generated content[13] : ce sont les utilisateurs qui en produisent eux-mêmes le contenu, en y publiant leurs vidéos. Selon les spécialistes des médias Serge Proulx, José Luis Garcia et Lorna Heaton, ce type de fonctionnement participatif suppose “une mise en commun des gestes de collaboration, et des activités de contribution de la part du plus grand nombre”[14]. Une “idéologie YouTube” s’élabore ainsi à partir de cette valorisation de l’esprit communautaire et de la culture de la coopération.
6Intégrés au sein de ce dispositif, les Booktubeurs n’échappent pas à ces influences matricielles : Amélie Trebosc relève l’importance de cette logique du dialogue “entre les Booktubeurs et le public mais également entre eux”, où “l’interaction est ainsi vraiment au cœur de la communauté, avec un public très actif qui commente, partage sa propre expérience et est en demande de contenu” (AT). La dimension communautaire de ces sociabilités particulières, structurée par la symbolique démocratique d’Internet, contribue alors à inverser une échelle de valeurs indexée ailleurs sur l’apologie des happy few. Dans les constructions discursives des Booktubeurs, la popularité d’une œuvre est présentée a minima comme une norme, voire un gage de qualité.
7La récurrence des vidéos thématiques intitulées “Ces livres que je n’ai toujours pas lus” est caractéristique de cette apologie du consensus. Le Booktubeur y énumère des titres populaires qu’il n’a pas (encore) eu l’occasion de lire. Ce processus induit une rhétorique de justification, que nous avons cherché à saisir par le biais d’une micro-analyse, à partir d’un corpus composé de vidéos publiées par trois Booktubeuses (Les Lectures de Nine, Margaud Liseuse et FairyNeverland), bénéficiant d’une visibilité importante sur la plateforme française. En 2015, les trois jeunes femmes ont chacune publié une vidéo évoquant leur méconnaissance de certains best-sellers. Ces prises de parole se construisent toutes autour d’un double axe argumentaire : la présentation de l’œuvre à succès comme un “incontournable”, et la mise en discours de la culpabilité d’être “passée au-dessus de la vague”[15]. Chaque livre est dès lors mis en avant pour sa capacité à fédérer un public (“c’est un livre dont tout le monde a parlé” - ML1, “C’est un auteur que toute jeune personne a lu dans les années 90-2000”[16]), et par le biais d’une valorisation par les proches (“Ma mère a adoré, j’ai des collègues qui ont adoré” - ML1, “mon frère les avait collectionnés” - FN). Le contenu des œuvres est présenté comme secondaire, la loi de la majorité faisant autorité (“Je ne sais pas trop de quoi ça parle […] mais je me dis que si autant de personnes sont à fond sur un livre c’est parce que ça doit être bien”[17]).
8Dès lors, on assiste à une inversion du stigmate : la honte de ne pas faire comme tout le monde remplace la peur d’être comme tout le monde, et l’indifférence aux modes littéraires n’est plus représentée comme une vertu mais un vice. Le terme de “honte” est par ailleurs omniprésent dans chaque prise de parole (employé quatre fois par Margaud Liseuse, cinq fois par FairyNeverland, six fois par Les Lectures de Nine) et semble constitutif d’une “normativité Booktube” où le collectif est érigé en valeur cardinale. L’autoflagellation des locuteurs est surjouée au travers d’interjections adressées à un tribunal invisible (“je mériterais d’être fouettée et damnée pour ne pas l’avoir lu” - LLN, “ne me pointez pas du doigt je sais que c’est la honte, je sais” - LLN, “vous pouvez vous moquer de moi” - FN, “ne m’envoyez pas des tomates s’il vous plaît” - FN). Ces incises contribuent à induire une nuance réflexive au travers d’un ton humoristique qui s’exprime par l’exagération (“je devrais même aller me cacher, changer de nationalité, changer de nom, changer de prénom” - ML1, “la plus grande honte nationale” - FN, “une honte intergalactique” - LLN), tout en réaffirmant la prégnance d’un système de valeurs profondément ancré.
9Plus généralement, cette valorisation d’une cooptation par les pairs se retrouve dans la terminologie employée par les Booktubeurs. Elle s’exprime par l’utilisation récurrente du terme “livre populaire”, largement préféré à l’expression “best-seller[18]. Cette préférence résulte d’une traduction directe de popular books, utilisé par les Booktubeurs anglophones dont s’inspirent beaucoup les “chaines”[19] françaises. Popular désigne donc ici ce qui est répandu, apprécié, sans connotations liées à la désignation d’une classe sociale. À travers cette requalification sémantique, l’aspect démocratique de l’objet livre est mis en avant, au détriment de la dimension économique du succès soulignée par l’appellation best-seller. Le roman est essentialisé dans sa fonction fédératrice, tout en éludant une facette commerciale qui reste ailleurs indissociable de sa médiation. Alors que toute mention d’un best-seller à la radio ou à la télévision s’accompagne de l’évocation des chiffres de vente, ce type de perspective est presque totalement absent de YouTube. On verra cependant que si cette économie du chiffre ne s’applique pas aux discours sur le best-seller, elle est paradoxalement omniprésente dans la promotion du contenu produit par les Booktubeurs eux-mêmes.
10L’inscription des contenus dans un dispositif médiatique spécifique transforme donc la perception du best-seller, et la met en adéquation avec les codes d’une médiaculture. Sur YouTube, le livre à succès devient un objet valorisé avant tout en tant que créateur d’un lien social érigé en pierre angulaire des sociabilités numériques. Cette désignation du collectif comme autorité instituante est par ailleurs renforcée par le cadre formel de la plateforme. Le format technique imposé par l’architecture du site conditionne également les pratiques des Booktubeurs, et joue à ce titre un rôle dans l’assimilation du best-seller comme norme littéraire.
Influence de l’architexte et logique de palmarès :
11L’architexte numérique désigne selon Yves Jeanneret et Emmanuel Souchier “tous les outils situés en amont de la production des textes, qui les conditionnent et en balisent l’écriture”[20]. Ainsi, l’architexte propre à YouTube constitue “une autorité […] formatante”[21], qui participe d’une conception particulière de la littérature. Le Youtubeur projette donc un propos personnel sur un certain type de site qui accueille un certain type de contenu en le conditionnant. Une étude des dispositifs éditoriaux dans lesquels s’inscrivent les Booktubeurs va nous permettre de souligner la manière dont le cadrage formel de la plateforme encourage une logique de palmarès, qui entre en résonance avec la symbolique du best-seller.
12Les contenus circulant sur YouTube sont soumis de fait à des logiques de classements, permettant de les hiérarchiser dans un réseau à flux continu. À partir d’une vidéo de la Booktubeuse Margaud Liseuse, nous avons identifié trois marqueurs principaux entrant en jeu dans cette valorisation sémiotique de la visibilité :

“Vraie ou fausse littérature”, Margaud Liseuse, 09/11/2015
Les premiers signes (entourés en rouge) relèvent d’une logique sérielle, qui encourage à visionner les autres “épisodes” d’une production : à droite de l’écran sont recensées toutes les vidéos publiées par la Booktubeuse. L’incitation à regarder l’ensemble des contenus est soulignée par le marqueur narratif “À suivre” et la prolifération des liens hypertextes renvoyant à d’autres thématiques, qui déjouent toute possibilité de clôture sémantique. Cette intertextualité rappelle le fonctionnement en cascade des best-sellers en plusieurs tomes, construits sur un système de références permanentes au sein d’un univers cohérent.
À cette inscription dans une continuité discursive s’ajoutent des indicateurs quantitatifs de popularité (entourés en bleu). Les propriétés techniques de la plateforme rendent incontournable la mise en évidence du nombre de vues pour chaque vidéo, ainsi que le nombre d’abonnés du Booktubeur. Dans les espaces médiatiques traditionnels, le best-seller tire sa légitimité du nombre d’exemplaires vendus (utilisé comme argument de vente) et de la popularité de son auteur (les œuvres de Guillaume Musso ou de Marc Lévy sont désormais qualifiées de “best-sellers programmés”[22]). De la même manière, le format YouTube met en avant la capacité de circulation des contenus (nombre de vues) et la communauté fédérée par le Booktubeur (nombre d’abonnés).
Enfin, l’implication du public est encadrée par de nombreux artefacts (entourés en vert). Le bouton “S’abonner” est mis en valeur par une typographie (majuscule) et une couleur (rouge) différentes, qui en font le point d’ancrage de la page. Les internautes sont amenés à “Partager” la vidéo, contribuant à sa propagation au sein de l’espace public. À cette mise en visibilité du contenu s’ajoute la possibilité pour l’utilisateur de publiciser son opinion. Au travers des boutons like et dislike, ce sont deux formes primaires du jugement qui sont mobilisées, via une iconographie du pouce dérivée des représentations des jeux du cirque de la Rome antique. L’espace des commentaires prolonge cette méta-perspective qui consiste à juger le juge lui-même. Aussi, de la même manière que le public “fait” le best-seller, la communauté “fait” le Booktubeur.
13Autour de ce cadrage idéologique et formel peuvent alors se sédimenter des pratiques spécifiques, contribuant à faire de cet environnement numérique un microcosme culturel particulier.
Booktube, un microcosme autonome ?
14La “cybersphère littéraire” constitue selon Louis Wiart un espace où le fantastique, la dystopie, la science-fiction et la fantasy, genres populaires par excellence, restent les titres les plus lus[23]. Regroupée sous la désignation Young Adult, cette catégorie a le vent en poupe. Dans une étude portant sur les meilleures ventes de livres de 1984 à 2004, Lynette Lacôte-Gabrysiak notait déjà une “forte progression” des “littératures de l’imaginaire”[24]. Depuis, les livres pour adolescents sont devenus “les chouchous des maisons d’édition”[25], et les listes Edistat des 200 meilleures ventes (fiction et non-fiction confondues) figurent régulièrement entre dix et vingt titres Young Adult[26]. Ce rapport décomplexé à une littérature majoritairement sérielle et non réaliste contribue à ériger en standards des genres longtemps relégués à la marge des critères de légitimité traditionnels. Sur Booktube, c’est d’abord l’appartenance à une communauté numérique qui permet d’instaurer une relation différente au processus de hiérarchisation générique.
15On retrouve au sein de cet univers culturel pacifié une illustration de la pluralité des goûts littéraires identifiée ailleurs chez Jean-Claude Passeron et Claude Grignon[27], Jean-Louis Fabiani[28] ou Bernard Lahire[29]. Loin des théories bourdieusiennes, il semblerait que de nombreux internautes sur Booktube entretiennent un certain détachement envers l’échelle de valeurs traditionnelle, qu’ils reconnaissent sans chercher à y souscrire. Bernard Lahire remarque qu’il existe des contextes où “les individus entretiennent une indifférence relative vis-à-vis d’un ordre et d’un système de classement […] qu’ils ont intériorisés, mais qui ont été concurrencés par un autre ordre et un autre système de classement”[30]. Dans ce cas précis, l’ordre collégial de Booktube, qui prône une stricte égalité entre les internautes, aurait remplacé l’ordre hiérarchique de la “culture cultivée”. En témoigne la véhémente remise en question de la distinction entre “vraie” et “fausse” littérature par Margaud Liseuse dans une vidéo publiée le 10 novembre 2015 :
Certains pensent qu’une certaine catégorie de littérature est de la fausse littérature. Je vous avoue que j’ai de la peine à trouver une vraie définition, parce que je ne comprends pas en quoi c’est faux. En quoi ce ne sont pas des mots imprimés sur du papier, en quoi ce n’est pas une histoire qui a un début et une fin, qui va faire passer un bon moment à un lecteur ? Et les lecteurs, ils sont tous différents, il y a autant de lecteurs qu’il y a d’êtres humains. Chacun va avoir sa petite sensibilité avec un genre de livre.[31]
16Ce plaidoyer en faveur d’une dé-hiérarchisation des œuvres résulte d’un rapport au texte particulier. La plupart des Booktubeurs donnent à voir une expérience du littéraire qui se situe bien davantage du côté de la lecture empathique que de la lecture savante. La Booktubeuse, Madame Bovary des temps modernes, attache généralement beaucoup plus d’importance aux personnages et à l’intrigue qu’à des considérations formelles comme le style ou l’écriture[32]. Dans ce plaisir relationnel de la lecture, les personnages fictifs s’incarnent dans les prises de parole : en témoignent les nombreuses vidéos intitulées “Book boyfriend”, où les jeunes femmes énumèrent les héros de roman dont elles sont tombées amoureuses. Cette approche émotionnelle permet la mise en avant d’une équivalence des goûts, dans la mesure où, selon la directrice de l’association Lecture Jeunesse Sonia de Leusse-Le Guillou, “les avis émis sont majoritairement dominés par l’affect […] ce qui sape implicitement une éventuelle hiérarchie entre les points de vue. La valeur du ressenti de chacun peut se comparer mais pas se discuter, ce qui explique le relativisme de mise”[33].
17Sous l’influence d’une culture et d’un architexte spécifiques se développent ainsi des médiations littéraires différentes, conditionnées par le contexte médiatique dans lequel elles s’inscrivent. Mais dans quelle mesure les jugements de valeur sur YouTube sont-ils réellement autonomes vis-à-vis des espaces traditionnels du jugement littéraire ?
La foire aux valeurs : le “cas” Guillaume Musso
18Au sein de ce nouvel espace médiatique se développe une multitude de contenus qui, s’ils sont soumis au même environnement normatif, ne répondent pas tous aux mêmes enjeux. Pour tenter de saisir la richesse des perspectives adoptées et des influences engagées dans la médiation du jugement littéraire, nous mobiliserons ici un corpus de plusieurs vidéos consacrées à un roman de Guillaume Musso par six Booktubeurs[34] aux identités très différentes.
19Avec plus de 25 millions d’exemplaires vendus, traduit en 40 langues, Guillaume Musso incarne l’archétype de l’écrivain à succès. Adoubé par le public et raillé par la critique[35], il cristallise un discours très polarisé. La réception de ses romans constitue dès lors un objet d’étude particulièrement riche, et la tonalité fantastique de son œuvre en fait un auteur fréquemment évoqué sur YouTube. Nous proposons donc de dresser une cartographie des jugements consacrés à L’Instant présent, paru en 2015 et resté en tête du top 50 Fiction durant 19 semaines consécutives[36]. Les différentes chroniques publiées sur ce roman via Booktube permettent ainsi d’identifier une corrélation entre le statut d’énonciation assumé par le Booktubeur (amateur/professionnel) et la valeur attribuée au best-seller (relativisme/légitimisme).
L’amateur assumé : mises en scène de l’enthousiasme
20Selon le Dictionnaire de l’Académie française, le terme “amateur” désigne à la fois “celui qui a beaucoup d’attachement, de goût pour quelque chose”, et “celui qui aime les beaux-arts sans les exercer ou sans en faire profession”[37]. Sur YouTube, ces deux dimensions vont bien souvent de pair : le statut de non-professionnel suppose alors la mise en scène d’un véritable engouement pour le livre, quel qu’il soit. La négativité est à ce titre proscrite des chroniques filmées. Dans une interview accordée à la revue Lecture Jeune, Margaud Liseuse associe ainsi clairement regard amateur et rhétorique de bienveillance :
J’essaye de ne jamais être méchante, ni de descendre un livre que je n’ai pas aimé, et de toujours tenter de lui trouver un aspect positif. […] Je dis toujours que si je ne l’ai pas aimé, peut-être qu’il plaira à d’autres, mais je ne dis pas que je suis critique littéraire : je suis une lectrice qui donne son avis à d’autres lecteurs.[38]
21De fait, la majorité des contenus diffusés sur Booktube répondent à “une forme d’éthique commune, non formulée, qui tend à ne pas malmener un livre ou son auteur” (SLG : 23). Dans le cas du roman de Guillaume Musso, s’il peut arriver que des Booktubeurs avouent ne pas avoir apprécié son œuvre, c’est immédiatement pour réfuter toute volonté de hiérarchisation (“Je n’aime pas. C’est mon choix, ce n’est pas pour autant que je vais dire que Musso et Levy sont de la fausse littérature ou de la mauvaise littérature” - ML2), et à réaffirmer la valeur du collectif (“je ne suis pas là pour vous influencer ou faire une critique virulente. Je n’ai pas aimé L’Instant présent mais je ne veux absolument pas vous influencer, parce que beaucoup de personnes m’ont dit qu’il était très bien”[39]). Cette promotion du principe de subjectivité déjoue toute possibilité d’une expertise plus tranchée : le Booktubeur se présente comme un néophyte passionné dont l’avis n’engage que lui-même, et non comme un spécialiste influent.
22Au-delà d’une simple réticence envers les critiques négatives, les Booktubeurs font montre d’une adoration quasi-fanatique de l’objet livre, a fortiori du best-seller qui encourage une logique de consommation compulsive. C’est le cas de la chaine de Lectrice Dyslexique, dont le surnom évoque d’emblée un accès non privilégié à l’écrit. Dans son analyse de L’Instant présent, la jeune femme se présente comme une admiratrice inconditionnelle (“C’est un livre qui est sorti le 26 mars, étant une grande fan de Guillaume Musso je ne pouvais pas attendre, je l’ai acheté le 27 mars. Je l’ai commencé le 1er avril, terminé aujourd’hui 2 avril”[40]), et une lectrice obsessionnelle (“Je travaillais cette nuit, dès que j’avais 5 minutes de pause je lisais je lisais je lisais. Je suis rentrée ce matin à sept heures […], d’habitude je dors, vu que je rentre du travail, là non, non, non, je n’ai pas dormi, j’ai voulu terminer ce livre” - LD). La promesse d’authenticité s’accomplit ici dans une immédiateté qui interdit tout recul analytique, privilégiant une réaction “à chaud” (“Je l’ai fini il y a 5 minutes, juste le temps que je mette la caméra en route pour vous en parler, et je suis encore toute chamboulée par ce livre” - LD). Cette médiatisation de réactions épidermiques et presque “en direct” souscrit au culte de la transparence (qui serait selon Philippe Breton propre à Internet[41]), et contribue à mettre à distance la figure du professionnel au profit d’une représentation d’un lectorat “comme dans la vraie vie”.

Chronique L’instant présent de Guillaume Musso” La Lectrice Dyslexique, 02/04/2015
23Ce statut de lecteur amateur dilue dans le même temps la limite entre littérature d’initiés et best-seller, dans la mesure où toute lecture qui provoque une émotion est considérée comme digne d’intérêt. Mais si ce type de positionnement est majoritaire sur Booktube, d’autres tendances sont également identifiables, qui s’éloignent de cette rhétorique de l’amateurisme enthousiaste pour produire des contenus replaçant la critique négative au centre de l’argumentation.
Le professionnel caricaturé : détournement du légitimisme
24Ces nouveaux espaces d’expression numérique ne se déploient pas de façon totalement autonome vis-à-vis des formes de médiation plus anciennes. Tout contenu émergeant sur un nouveau support reste tributaire d’une “mémoire sociale”[42] : à ce titre, Étienne Candel rappelle que la critique littéraire sur Internet reste indissociable d’un “travail de mise en trivialité des références culturelles et des modèles dominants dans le champ du livresque”[43]. De fait, certains Youtubeurs se détournent de l’éthique de consensus évoquée plus haut, au profit d’une perspective plus agonistique héritée de la matrice médiatique. Là où beaucoup revendiquent leur amateurisme, ils surjouent au contraire l’expertise. La valeur d’un best-seller populaire comme celui de Guillaume Musso est alors réévaluée à l’aune des hiérarchisations littéraires. Mais cette résurgence d’un ton polémique pour traiter de l’illégitime en littérature est par ailleurs renouvelée par les codes du web, et toujours porteuse d’une dimension décalée qui détourne le propos.

“L’Instant présent (Guillaume Musso) Fiche de lecture Ép. 14” PiiafOfficiel, 04/05/2015
25La chaine de Piiaf est caractéristique de cette réinterprétation qui transforme la critique lapidaire en “clash” parodique. Ses deux créateurs, Sacha Béhar et Augustin Shackelpopoulos, y produisent des “Fiches de lecture” audiovisuelles, dans lesquelles ils adoptent une posture intellectuelle poussée jusqu’à l’absurde. Les deux Youtubeurs incarnent à l’écran d’intraitables lettrés, autoproclamés “experts en littérature”. Le descriptif de la chronique consacrée à L’Instant présent donne le ton : “Guillaume Musso ne fait pas franchement l’unanimité au sein de l’équipe de Fiche de Lecture... Avec L’Instant présent, il s’offre une ultime chance pour gagner le respect de Sacha Béhar et Augustin Shackelpopoulos. Va-t-il réussir ou se planter lamentablement ?”[44]. Le contenu de la vidéo consiste en un enchaînement de punchlines (“Tu sais ce que je pense de Guillaume Musso. Il est mon 11 septembre, mon gluten”, “Ce bouquin pourrait être mon livre de chevet, du moins si j’étais dans le coma”) et de répliques absurdes (“Ce qui saute aux yeux quand on ouvre ce bouquin... c’est la police de caractères : Times New Roman. Personnellement j’aurais préféré Lucida ou Papyrus. Dommage...”), illustrées par une gestuelle provocatrice (“Voici ce que j’ai pensé de L’Instant présent — il lève le pouce —. Et ne vous méprenez pas, si je lève mon pouce, c’est pour faire du stop et partir le plus loin possible de lui — il fait mine de cracher entre les pages du livre —. Tolérance zéro”). Les deux internautes dessinent en filigrane une satire du milieu journalistique, dont ils singent la diction et les répliques cinglantes en essentialisant un propos volontairement vidé de son fond.
26Ce comportement satirique est repris ailleurs par un Youtubeur au surnom évocateur de TeddyBoy RSA, qui se fait à l’inverse l’incarnation de la “voix du peuple”. De la même manière que Piiaf surjoue l’élitisme, TeddyBoy, “RMIste qui se lève tôt et qui représente le ghetto (sic)”[45], exagère le populaire. Il propose une ligne éditoriale qui consiste à défendre les produits de la culture dite illégitime, dans le but de “chercher le positif partout où il est”[46]. Dans une vidéo-réponse à la Fiche de Lecture de Piiaf, il énumère les mérites de L’Instant présent dans un langage volontairement familier, qui reprend l’argumentaire de la loi de la majorité (“Les gens qui ont une prétention à la littérature et à l’écriture ont la haine contre Musso, mais j’ai lu dans un article du Figaro que le gars avait vendu 150 000 exemplaires en dix jours. Je me dis que peut-être c’est pour ça que les mecs ont un peu la rage” - TBR), et réaffirme l’éthique de tolérance (“Arrêtez de blâmer cet homme qui ne fait que faire des livres qui fonctionnent, voyons le côté positif des choses, essayons d’avancer un petit peu. Et si vous n’êtes pas contents, parlez de la littérature qui vous plaît. On n’a pas de temps à perdre à rager sur d’autres”- TBR). Cigarette à la main et casquette enfoncée sur le crâne, TeddyBoy se réapproprie la rhétorique du relativisme propre à Booktube, mais en adoptant une posture plus offensive, rendue possible par l’incarnation de son “personnage”.

“Écrire un best seller / comme Guillaume MUSSO” Teddyboy RSA, 20/06/2016
27En effet, contrairement à la figure du Booktubeur “authentique” évoquée plus haut, Piiaf comme TeddyBoy jouent un rôle, ce qui leur permet de transcender leur propos en le dramatisant par le biais d’un avatar. Ce dialogue entre les deux Youtubeurs au sujet du roman de Musso montre comment se cristallisent des idéologies séculaires qui accompagnent le débat sur la littérature de masse. Les Booktubeurs s’inspirent des discours sociaux préexistants pour les détourner, en les incarnant de manière caricaturale. La figure du critique est alors convoquée de manière explicite, utilisée comme l’étalon par rapport auquel il est possible de s’inscrire en faux. Il existe cependant un troisième type de discursivité, qui permet de parler du best-seller en dépassant ces pratiques mimétiques, dessinant en creux un nouveau professionnalisme.
Au-dessus de la mêlée : parler du best-seller autrement
28En se détachant d’un rapport strictement textuel au roman, certains Booktubeurs s’émancipent de l’héritage de la critique professionnelle. C’est le cas de la chaine La Brigade du Livre, qui revendique une manière “autre” de parler des romans, par le biais d’une mise en fiction. Ce collectif produit une web-série artisanale où une brigade, le G.I.P.L. (Groupe d’Intervention de la Police Littéraire) enquête sur les défauts des auteurs. L’aspect clivant du best-seller populaire devient prétexte à une forme de créativité qui n’a plus grand-chose à voir avec la chronique littéraire au sens classique du terme. Michael Roch, co-auteur de la série, explique dans une interview :
Guillaume Musso, on ne l’a jamais lu. Je crois avoir déchiffré les dix premières pages d’un de ses romans (l’histoire d’un démon qui tombe amoureux d’une humaine, je crois) mais n’ai pas poursuivi l’affaire. Sa présence dans la série, c’est qu’il est un personnage de l’univers que l’on développe. C’est ce que beaucoup de personnes oublient : le G.I.P.L. ne transcrit pas nos idées critiques, c’est d’abord une fiction avec un background dans lequel s’inscrivent des auteurs réels.[47]
29En désamorçant toute prétention herméneutique, la Brigade du Livre déplace les enjeux : il ne s’agit plus de déterminer si L’Instant présent est un bon ou un mauvais livre, mais d’utiliser l’imaginaire polémique qu’il charrie comme le terreau d’un nouveau type de production.

“[GIPL] #3 - GUILLAUME MUSSO - L’Instant présent” La Brigade du Livre, 26/05/2015
Ce collectif cherche à s’extraire du débat autour des jugements de valeur, pour produire des objets culturels décalés. Dans l’épisode consacré à Guillaume Musso, ce dernier est retrouvé dans une cachette secrète, où il s’évertue à transformer d’autres écrivains en zombies avant d’être arrêté par la brigade. La figure du zombie, élément familier de la culture pop, permet d’aborder la légitimité controversée de l’auteur populaire de manière inédite. L’écrivain y devient un archétype du schéma narratif classique : l’antagoniste que les héros doivent affronter. Les enjeux de la hiérarchisation culturelle restent donc intégrés à l’intrigue : Guillaume Musso est assimilé à un “zombauteur”[48] (référence à la décérébration par la littérature de masse), et le monde du livre est représenté comme une zone de combat où un escadron d’élite (le G.I.P.L.) veille à mettre de l’ordre dans “les bas-fonds de la littérature” (référence à une échelle de légitimité culturelle). Mais ces éléments sont évoqués avant tout pour être “recyclés” comme autant de ressorts scénaristiques, au travers d’une esthétique pulp. La violence ludique des situations cinégéniques (scènes d’interventions musclées sur fond de guitare électrique) remplace alors la violence intellectuelle des confrontations autour des textes (“bonne ou mauvaise littérature ?”).
30Ainsi, les références aux antagonismes structurants du champ littéraire n’aboutissent jamais à un positionnement idéologique, car ce contexte de confrontation est utilisé avant tout pour créer un univers divertissant. La critique devient alors elle-même objet de fiction. La mise en image du littéraire suppose l’exploitation d’une perspective visuelle, qui renouvelle nécessairement les manières de parler du livre, en subvertissant la question de la valeur : il s’agit moins de juger un récit que d’en raconter un à son tour. La dimension créatrice du travail du Booktubeur lui permet de développer un langage audiovisuel original, et d’intégrer la thématique du best-seller au sein d’un microcosme qui lui est propre.
31Dans un article publié dans Semen, Jean Peytard notait que “les formes d’expression, fortement déterminées par la technique […] construisent massivement (c’est-à-dire, pour des publics de grande ampleur) une certaine idée du livre, de l’écrivain, du lecteur, du texte”[49]. Les sociabilités littéraires qui s’inscrivent au sein d’un espace numérique contribuent ainsi à la mise en circulation d’une vision spécifique du best-seller. Ces nouveaux supports médiatiques peuvent alors être envisagés à la fois comme miroir d’un contexte social préexistant, et creuset[50] de représentations nouvelles qui conditionnent les modes d’expression du jugement littéraire et méritent à ce titre d’être interrogés.
32L’exemple du “cas” Guillaume Musso sur YouTube permet de mettre en lumière les différentes manières de se saisir d’un même objet culturel. En brouillant la distinction entre critique experte et critique de lecteur, les Booktubeurs déplacent constamment la limite entre littérature légitime et de consommation. Amateurisme revendiqué, professionnalisme parodié, créativité assumée : ces trois postures constituent autant de facettes d’une discursivité propre au dispositif YouTube, qui renouvelle les perceptions du best-seller. Tour à tour liant social, enjeu de débat théâtralisé ou prétexte narratif, ce dernier se pare d’attributs protéiformes, à la fois propres aux lieux où il se produit, et tributaires d’une mémoire sociale indépassable.
Marine Siguier
CELSA

Notes


[1] Sainte-Beuve, “De la littérature industrielle”, La Revue des Deux Mondes, T. 19, 1839.

[2] Honoré de Balzac, Monographies de la presse parisienne, Paris, Éditions Sillage, 2016 [1843]. Expression reprise par Régis Debray, dans Le pouvoir intellectuel en France, Paris, Éditions Ramsay, 1979, p. 19.

[3] s.v. “Best-seller”, dans Paul Aron, Denis Saint-Jacques, Alain Viala (dir.) Le dictionnaire du littéraire, Paris, Presses universitaires de France, 2002.

[4] Néologisme formé par la contraction du mot anglais book et du nom de marque YouTube. Précisons d’emblée que nous utiliserons ici le terme “Booktubeur” au sens large, désignant de manière générale un Youtubeur qui parle de ses lectures sur sa chaine. Cependant les critères d’appartenance et les frontières de l’univers Booktube restent encore flous et sujets à définition. Ainsi, au sein de notre corpus, certains Youtubeurs (La Brigade du Livre, Piiaf) considèrent eux-mêmes se situer en marge de cette sphère littéraire particulière.

[5] Amélie Trébosc, “Booktube, une nouvelle façon de parler livre”, Monde du livre, 9 juillet 2015 ; dorénavant AT.

[6] Étude de Véronique Kraemer, “Qui sont les abonnés des Booktubers ?”, Lecture Jeune, n° 158, été 2016, p. 11.

[7] Ainsi, la Booktubeuse Margaud Liseuse cumule 3993 286 vues sur sa chaine, toutes vidéos confondues [consulté le 16 mai 2017]. Source : YouTube.

[8] Pierre Bourdieu. “Le champ littéraire”, Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 89, septembre 1991, p. 85.

[9] Ibid.

[10] Pierre Bourdieu, Sur la télévision, Paris, Éditions Raisons d’Agir, 1996, p. 28.

[11] Le terme médiaculture est défini par Éric Macé comme “l’ensemble des rapports sociaux et des expériences médiatisées par les représentations médiatiques et leurs usages”, dans Les imaginaires médiatiques. Pour une sociologie postcritique des médias, Paris, Éditions Amsterdam, 2006, p. 12.

[12] Statistiques publiées par YouTube [consulté le 10 mai 2017].

[13] En français : “contenu généré par les utilisateurs”.

[14] Serge Proulx, José Luis Garcia, Lorna Heaton (dir.), “Introduction”, La contribution en ligne : pratiques participatives à l’ère du capitalisme informationnel, Presses de l’Université du Québec, 2014, <Communication>, p. 3.

[15] Margaud Liseuse, “Ces livres que je n’ai pas lus”, YouTube, 17 septembre 2015; dorénavant ML1.

[16] FairyNeverland, “Ces livres que je n’ai toujours pas lus”, YouTube, 21 octobre 2015; dorénavant FN.

[17] Les Lectures de Nine, “Ces livres que je n’ai toujours pas lu”, YouTube, 22 mars 2015; dorénavant LLN.

[18] Voir par exemple les nombreuses vidéos autour de la thématique “Mon opinion sur les livres populaires”.

[19] Le terme chaine désigne l’espace qui regroupe toutes les vidéos publiées sous un même profil (c’est-à-dire sous une même identité virtuelle).

[20] Yves Jeanneret, Emmanuel Souchier, "Pour une poétique de l’écrit d’écran", Xoana, n° 6, 1999.

[21] Étienne Candel, Autoriser une pratique, légitimer une écriture, composer une culture : les conditions de possibilité d’une écriture littéraire participative sur Internet, Thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, CELSA, 2007, p. 13.

[22] Pierre Nora, “Le best-seller révèle les sensibilités latentes d’une société”, Bibliobs, 2 décembre 2009.

[23] Louis Wiart, “Réseaux de lecteurs en ligne”, Lecture Jeune, été 2016, n° 158, p. 6.

[24] Lylette Lacôte-Gabrysiak, “C’est un best-seller!”, Communication, Vol. 27/2, 2010.

[25] Mathilde de Chalonge, “La littérature Young Adult, une quête qui transgresse les âges”, Actualitté, 6 janvier 2016.

[26] Edistat, Service d’information et de statistiques pour l’édition. Ainsi pour la semaine du 20 au 26 mars 2017, 17 titres Young Adult figurent au palmarès.

[27] Claude Grignon et Jean-Claude Passeron, Le savant et le populaire : misérabilisme et populisme en sociologie et en littérature, Paris, Éditions du Seuil, 1989, <Points Essais>.

[28] Jean-Louis Fabiani, Après la culture légitime. Objets, publics, autorités, Paris, Éditions L’Harmattan, 2007, <Sociologie des arts>.

[29] Bernard Lahire, La culture des individus. Dissonances culturelles et distinction de soi. Paris, Éditions La Découverte, 2004, <Textes à l’appui/ Laboratoire des sciences sociales>.

[30] Ibid, p. 48.

[31] Margaud Liseuse, “Vraie ou fausse littérature ?”, YouTube, 9 novembre 2015; dorénavant ML2.

[32] Marieke Mille, “De l’écrit à l’image”, Lecture Jeune, n° 158, été 2016, p. 28.

[33] Sonia de Leusse-Le Guillou, “#jeparledelivres”, Lecture Jeune, n° 158, été 2016, p. 23 ; dorénavant SLG.

[34] Margaud Liseuse, Piiaf, La Brigade du livre, Teddyboy, Les Zapos, La Lectrice Dyslexique.

[35] Ainsi, Éric Naulleau n’hésitera pas à qualifier l’œuvre de Guillaume Musso d’ “indigeste salade littéraire assaisonnée aux lieux communs” dans un article intitulé “Musso à la vinaigrette”, Paris Match, 3 juin 2012.

[36] Source : Edistat, Service d’information et de statistiques pour l’édition.

[37] s.v. Amateur”, Dictionnaire de l’Académie Française, huitième édition, version informatisée, 2000.

[38] Interview de Margaud Liseuse et Audrey Le Souffle des mots par Sonia de Leusse-Le Guillou, “Animer une chaine Booktube”, Lecture Jeune, n° 158, été 2016, p. 19.

[39] Les Zapos, “L’instant présent de Guillaume Musso, la critique express !”, YouTube, 13 septembre 2015.

[40] Lectrice Dyslexique, “Chronique L’instant présent de Guillaume Musso”, YouTube, 2 avril 2015; dorénavant LD.

[41] Philippe Breton, Le culte de l’Internet. Une menace pour le lien social ? Paris, La Découverte, 2000.

[42] Yves Jeanneret, Penser la trivialité. Volume 1 : La vie triviale des êtres culturels, Paris, Éd. Hermès-Lavoisier, 2008, <Communication, médiation et construits sociaux>.

[43] Étienne Candel, Autoriser une pratique, légitimer une écriture, composer une culture : les conditions de possibilité d’une écriture littéraire participative sur Internet, Position de thèse de doctorat en sciences de l’information et de la communication, CELSA, 2007, p. 5.

[44] Piiaf, “L’Instant présent (Guillaume Musso) Fiche de lecture ep. 14”, YouTube, 4 mai 2015.

[45] TeddyBoy RSA, “Écrire un best seller comme Guillaume Musso”, YouTube, 20 juin 2016 ; dorénavant TBR.

[46] TeddyBoy RSA, “Pitch TeddyBoy RSA”, YouTube, 12 juin 2016.

[47]Le vidéaste du mois #3 - Interview de La Brigade du Livre”, Le cri du Troll, 2015.

[48] La Brigade du livre, “GIPL #3 - GUILLAUME MUSSO - L’instant présent”, YouTube, 26 mai 2015.

[49] Jean Peytard, préface de “La médiacritique littéraire à la télévision”, Semen 5, 1993.

[50] Métaphore du miroir et du creuset empruntée à Yves Chevalier, L’ “expert à la télévision. Traditions électives et légitimité médiatique, Paris, CNRS Éditions, 1999, p. 6.







2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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