Épuisement de l’exotisme et voyage en creux : sur une redéfinition de l’ailleurs et de l’altérité dans les années 2010

Véronique Porra

Résumé


Systématiquement inventoriés, cartographiés, fixés dans des visions du monde rationnelles par des explications scientifiques, rapprochés et rendus accessibles par des moyens de transport de plus en plus performants, partiellement calibrés en fonction des attentes touristiques voire uniformisés par la mondialisation, les ailleurs lointains voient leur puissance de séduction s’épuiser lentement. On remarque, ces dernières années, la multiplication de textes, romans ou récits de voyages, substituant à la quête d’horizons lointains celle d’un voyage vers les ailleurs “intérieurs”. En lieu et place du motif exotique ou de l’appel du monde, se substitue alors une plongée dans la “France profonde”, dont la Creuse est souvent le nom.  La Carte et le territoire de Michel Houellebecq (2010) ; Envoyée spéciale de Jean Echenoz (2016) ; Le Dépaysement de Jean-Christophe Bailly (2011) ou dernièrement Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson (2016) sont autant d’exemples de cette tendance. Plus qu’un attachement au terroir empreint de conservatisme voire de nationalisme, au-delà de l’appel à l’endotique lancé par G. Perec dans les années 1970, ces textes proposent – sous la forme d’un alter-exotisme et au moyen d’une re-sémantisation des notions de l’ici et de l’ailleurs – un voyage alternatif, un voyage en creux, à la découverte des derniers signes d’altérité dans un monde globalisé.


Mots-clés


mondialisation; alter-exotisme; extrême contemporain; Bailly; Tesson; Echenoz; Houellebecq

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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