Carte blanche
Défamiliarisation
1 Tout cela, au fond, pourrait n’être qu’une affaire de généalogie : deux arrière-grands-pères navigateurs, l’un des deux fils de paysan, jeté en pleine mer comme par hasard, et pour fort peu de temps car mort à moins de quarante ans, l’autre rejeton d’une longue lignée de marins, mousse parti en Patagonie à douze ans, puis commandant dans la Marine Marchande, ayant fait plusieurs fois le tour du monde, du Chili au Japon, de Singapour à Panama, deux ancêtres ayant vu du pays, comme on dit, figés sur les photos sépia, le regard porté loin, l’un Corse l’autre Breton, et la fille d’un des deux, ma grand-mère maternelle, m’exhortant à devenir marin comme son père, et comme lui à voyager en Chine, au Japon et ailleurs. Ce que je fis, pour partie du moins.
Tout serait-il à ce point dicté ?
2 La difficulté, lorsqu’on demande à un écrivain de parler de ses voyages, ou de son rapport au voyage, à l’ailleurs, est de savoir naviguer, justement, entre ces deux écueils : la posture de l’aventurier, et l’ironie.
Peut-être, donc, commencer par fixer les limites : je ne crois pas être ce qu’on appelle un “écrivain-voyageur”. Je n’ai rien contre ceux que l’on désigne sous ce terme, mais il me semble qu’il s’agit d’écrivains qui pour l’essentiel n’écriraient pas, ou n’auraient pas écrit, s’ils n’avaient pas voyagé. Ce n’est pas mon cas : mes livres sont nombreux qui n’entretiennent aucune espèce de relation avec le déplacement géographique même si je ne peux évidemment pas nier que beaucoup d’entre eux y ont trouvé leur origine. Je suis encore moins un “écrivain-baroudeur” (forme supérieure de l’écrivain-voyageur) qui étalerait ici et là les rudes et viriles galères de ses expériences extrêmes. Mais je ne suis pas non plus un non-voyageur absolu, voire militant, une sorte de citadin sédentaire et fier de l’être qui sourit d’un air entendu à la fameuse phrase de Beckett “on est cons, mais pas au point de voyager pour le plaisir” au demeurant ce n’est pas Beckett qui a dit cela, mais un de ses personnages dans Mercier et Camier, ce qui n’est pas exactement la même chose (sans compter que tout ce que dit Beckett n’est tout de même pas, non plus, parole d’Évangile).
Et puis après tout, pourquoi ne voyagerait-on pas pour le plaisir ? Stevenson ne disait pas autre chose : “Je voyage pour le plaisir de voyager. L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants”.
3 L’erreur serait sans doute de raisonner de façon binaire et d’opposer les tenants du voyage et de l’ailleurs, qu’on assimilerait ainsi à des sortes d’instables qui sautillent de lieu en lieu et ne tiennent pas en place, à ceux de l’intériorité, de la profondeur et de la connaissance intime de soi et du monde. Les excités versus les réfléchis, les extravertis versus les introvertis, les fantaisistes versus les sérieux ­̶ toutes ces classifications hâtives qui simplifient au maximum et évitent la complexité. Le voyage tel que je l’entends ne se limite évidemment pas à une succession de belles photographies à partager entre amis, mais s’apparente, dans le meilleur des cas, à une expérience profonde, intime, déstabilisante parfois, enrichissante toujours, à un déplacement dans la géographie mais aussi dans l’histoire et dans le temps, aussi vertical qu’horizontal, qui entraîne souvent une féconde et déstabilisante perte de repères ce qui, à l’occasion, n’empêche pas les belles images.
Disons donc que je suis un écrivain qui a le goût du voyage et qui, parfois, voire souvent, transvase ses expériences de voyageur dans les fictions, ou les non-fictions, qu’il met en place – puisque “vidange et transvasement sont à la base de toute littérature”, écrivait Elias Canetti. Et puis de toute façon, mes romans ne concernent pas vraiment le voyage : ils concernent l’ailleurs.
4 Deleuze, pour qui le voyage était “une rupture à bon marché”, a repris à son compte la phrase de Beckett dans son Abécédaire – à la lettre V, évidemment, comme “voyage”. Mais il module un peu son propos par la suite : en évoquant Stevenson, Lawrence ou Le Clézio il indique : “il y a trop de grands écrivains pour lesquels j’ai une grande admiration et qui ont un sens du voyage”, avant d’admettre que son rejet du voyage ne concerne que lui, que ses intensités à lui sont des “intensités immobiles” liées à la lecture et la musique, que ce sont ses terres étrangères à lui, et que de ce fait il n’a pas besoin d’aller les chercher ailleurs – ce qui, bien entendu, est parfaitement recevable : ces intensités immobiles-là, un voyageur, écrivain ou pas, peut les éprouver aussi. C’est d’ailleurs mon cas. Et puis Beckett, aussi bien que Deleuze, n’ont peut-être jamais vraiment expérimenté le voyage autrement que dans le cadre de conférences ou de séjours touristiques, et jamais dans le sens de découverte, de déstabilisation, de perte de repères, d’ouverture sur une autre dimension de l’expérience au monde, toutes choses que pour ma part j’entends expérimenter lorsque je voyage, et surtout lorsque je cherche à “aller voir là-bas si j’y suis”, en somme, à tenter de rejoindre je ne sais quelle image de moi-même à travers le regard des autres dans ces illusoires bouts du monde que la cartographie a préalablement fabriqués, et l’imaginaire habillés. Toutes choses que, plutôt que de les regrouper sous le terme de “voyages”, je préfèrerais donc qualifier d’ “expériences de l’ailleurs”. Car sinon, évidemment, à quoi bon partir ?
5 Le malentendu vient peut-être du fait que qui dit “voyage” pense souvent “tourisme”, à savoir exotisme, pittoresque, beaux paysages ou monuments. Or, l’expérience de l’ailleurs, ce n’est pas exactement cela. On peut très bien voyager sans l’éprouver jamais. L’expérience de l’ailleurs, ce pourrait être, je l’ai dit, une perte de repères plus ou moins provisoire, qui provoque une espèce de saisissement, de satori voire d’ “épiphanie” joycienne. Une défamiliarisation qui, bizarrement se transforme aussitôt en refamiliarisation, en la certitude d’être bien au bon endroit, au bon moment. Et cela n’a rien à voir avec la beauté des lieux, ou le bien-être paisible qu’on peut y éprouver. Au contraire, parfois. Je me souviens d’un jardin public de Vladivostok, parfaitement délabré, dans un environnement grisâtre, pollué, bruyant, près d’une rocade embouteillée, sous le chantier d’un pont en construction. Dans ce jardin, une sorte de bunker isolé, peut-être un transformateur. Rien de très attirant ni de bien pittoresque, mais je ne sais pourquoi, peut-être parce que cette grise et triste banalité se trouvait dans une ville qui pour moi continuait d’être un bout du monde mental, un lieu et un nom sur lesquels j’avais tant rêvé, l’imaginaire lié au nom de Vladivostok étant singulièrement puissant, comme celui attaché aux noms de, mettons, Oulan-Bator, Valparaiso ou Samarkand je ne sais pourquoi, donc, cette sorte de bunker me fit, si je puis dire, signe, et je sus instantanément qu’il serait le point de départ d’une fiction qui se déroulerait ici, à Vladivostok. Quelques semaines ou mois plus tard je commençais l’écriture des Nuits de Vladivostok, dont le point de départ se situe à l’intérieur de ce bunker ou quoi qu’il fût.
6 J’avais noté un passage concernant les voyages dans un livre d’Echenoz : “À peine peut-on se dire qu’on est loin, cela grise quelques minutes pendant lesquelles on voit ou croit voir les choses neuves d’un œil neuf : c’est un leurre, un malentendu, car c’est moins une région que l’on découvre que son nom, c’est lui qu’on parcourt plutôt qu’elle. On s’admire surtout de l’occuper, d’arpenter les syllabes exotiques de ce nom plutôt que les panoramas du pays lui-même, qui devient vite à vrai dire un bled comme un autre où l’on ne pense bientôt plus qu’à retourner dans le sien, rentrer chez soi où l’on sait bien aussi d’ailleurs qu’on ne sera pas mieux, bref on n’est guère avancé”[1].
Ça n’est pas totalement faux. C’est même assez exact, tant il est évident, pour moi du moins, je viens d’y faire allusion, qu’on voyage dans les noms avant de voyager dans les lieux (et parfois même préférentiellement), et qu’il m’arrive parfois, en voyage, d’éprouver la nostalgie du futur antérieur celle qui consiste à se dire que ce voyage qu’on est en train d’entreprendre, ce voyage qui est un peu pénible ou lassant par moments, voire décevant, fatigant, lorsqu’il sera terminé, achevé, rangé, classé dans les souvenirs, il aura été formidable.
Pourtant, dans le même temps, le voyage, ou la sensation de l’ailleurs, nous restitue à un état d’enfance, d’émerveillement devant l’inconnu, ou le peu connu, devant les langues étranges, les graphies incompréhensibles parfois. À un état de fraîcheur, d’étonnement primordial qui permet à l’être d’habiter différemment le temps, d’en éprouver mieux la trame, le déroulement. D’être tout entier disponible, moins encombré de soi.
Oui, ce doit être quelque chose de cet ordre : voyager, ou plus exactement faire l’expérience de l’ailleurs, voilà qui permet de ralentir le temps, et de dégonfler l’ego.
7 Le personnage principal de mon premier roman, Le vol du pigeon voyageur, avait décidé de ne plus bouger, convaincu que cela ne servait à rien puisque, la Terre étant ronde, le point le plus éloigné qu’il pouvait atteindre se situait juste derrière lui. Comme l’écrit Melville dans Moby Dick, roman de l’espace immense pourtant, mais aussi des affres de l’intériorité : “Alors, qu’est-ce que tu penses maintenant de ton idée de voir le monde ? Est-ce que tu veux toujours t’en aller de l’autre côté du Cap Horn pour ne voir que ça ? Le monde est tout entier là où tu es ; et il n’y a rien d’autre”. Et c’est vrai : où que l’on aille on ne trimballe jamais que soi, et Xavier de Maistre a écrit un remarquable Voyage autour de ma chambre. Mais le voyage tel que je l’entends, cet ailleurs qui inlassablement m’aimante, cette expérience de la défamiliarisation (laquelle du reste peut parfois survenir à deux pas de chez soi, mais ce n’est pas celle dont il est question ici), ne se limite pas au simple déplacement géographique. Le “soi” que l’on trimballe peut, selon les circonstances, revenir au port d’attache légèrement différent qu’il n’en est parti, et c’est ce décalage qui est intéressant, ce supplément d’images, d’odeurs, de sonorités, de densité, de voix, d’expérience humaine et de rêves dont il se trouve enrichi. Confronter l’imaginaire au réel, c’est la grande affaire du voyage. “L’imaginaire déchoit-il ou se renforce-t-il quand il se confronte au réel?” écrivait Victor Segalen. Ce n’est pas d’ailleurs valable que pour le voyage, ça l’est pour la vie en général : il y a ce qu’on imagine, il y a ce que l’on vit réellement, et puis il y a l’inévitable décalage entre les deux, dans quoi on fait de notre mieux. Tout le monde sait que Samarkand aujourd’hui, par exemple, n’a plus rien à avoir avec la Samarkand des temps médiévaux ou renaissants de la route de la Soie, qu’Oulan-Bator est une ville hyper-bétonnée, que Vladivostok est assez moche mais justement, ce décalage-là, entre ce dont on habillait le nom de la ville, ces consonances qui nous avaient fait rêver, ce qu’on avait pu lire sur tel ou tel endroit, ville ou région, et la réalité du lieu lorsqu’on s’y rend, ce décalage-là, phénoménal parfois, est précisément ce qui constitue l’intérêt du voyage, et la puissante saveur de l’ailleurs.
Sans compter qu’il y a des “laideurs” qui valent la peine. Oulan-Bator n’est pas une belle ville mais... Quand Freud est sur l’Acropole, il est à la fois enthousiaste et ébahi : “Je suis sur l’Acropole !”. Lorsqu’on se dit “Je suis à Oulan-Bator !”, on est sous un ciel immense, au cœur de l’empire mongol. Ce n’est pas rien.
8 Je crois que ce qui m’intéresse surtout, dans la vie comme dans les arts, c’est la notion de porosité. Lorsque je voyage, je me dis que, davantage qu’un corps qui traverse un lieu, je suis un corps traversé par ce lieu. De la même manière lorsque je lis, ou lorsque j’écris : j’ai la sensation que ce sont les thèmes, les formes, la langue, les idées qui me traversent, et non l’inverse. Les frontières ne sont pas étanches, et c’est cela qui crée le mouvement de la vie et de l’art. Les voyages ont nourri mon imaginaire et ma vie, et donc ma littérature, qui procède des deux. L’expérience de l’ailleurs, de soi dans l’ailleurs, de la défamiliarisation un regard neuf porté sur un monde encore inconnu, indéchiffré : voilà ce que je cherche en voyageant, et aussi en écrivant.
9 Mon premier roman n’a pas été le premier à être publié. Le premier, c’était Sortilège, écrit en 1994, et paru en 2002. Peut-être d’ailleurs était-il davantage une novella qu’un roman. Et il était, déjà, lié à la problématique, sinon du voyage, du moins du déplacement géographique, d’un corps qui arpente horizontalement des territoires nouveaux et d’un esprit qui dans le même temps, arpente verticalement des territoires inconnus, quoique intimes. L’ailleurs, déjà, plutôt que le voyage. Je me souviens que, de la même manière que le personnage de ce bref roman quittait le monde et partait dans le désert, j’avais eu la sensation très nette de quitter une vieille peau et d’entrer moi aussi dans un domaine à la fois intime et inexploré celui de la fiction “longue”, et davantage contemporaine (mes premiers livres, Vidas et Vies volées, dont j’avais déjà écrit la plupart des textes, concernaient des personnages du passé) celui du roman. Il est vrai que je ne me considérais pas encore comme romancier. Cependant, je sentais que je tenais là la matrice de quelque chose de plus ample. C’est une dizaine d’années plus tard, après la parution de mon quatrième roman, La jubilation des hasards, que j’ai éprouvé la nécessité de bâtir un système romanesque cohérent, qui dessinerait un ensemble fictionnel structuré. La jubilation des hasards était en quelque sorte bâti en miroir par rapport à un roman précédent, Le vol du pigeon voyageur. Il m’est apparu qu’afin de respecter et prolonger la cohérence de ce diptyque, il fallait un troisième roman. Ce fut La piste mongole qui est devenu la clef de voûte d’un ensemble où aboutissaient les romans précédents, et d’où naîtraient les suivants ainsi d’ailleurs que les livres de littérature jeunesse que j’ai publiés, et qui en découlent directement. Tout cela se tient. Mais il n’est bien entendu pas nécessaire d’avoir lu tel ou tel roman pour lire les suivants. C’est très important : tout se tient, et tout est indépendant. Chaque livre est la partie émergée et autonome d’un système qui œuvre souterrainement et dont les rouages demeurent invisibles à qui n’en lirait qu’un. Ces romans-là, et les suivants, sont clairement liés à la thématique, non du voyage, mais de l’ailleurs. Du quotidien et de la banalité de l’ailleurs. Des femmes disparaissent par exemple est un roman “chinois”, si l’on peut dire, dont les personnages en tout cas sont des Chinois qui vivent en Chine. Il se situe ailleurs, mais n’explore pas à proprement parler la thématique du voyage – même si l’un de ces personnages voyage, puisqu’il se rend aux États-Unis et au Japon. Les oiseaux morts de l’Amérique, mon dernier roman, est quant à lui un roman “américain” : il se déroule aux USA, les personnages sont exclusivement américains, dans une problématique américaine (la place dans la société américaine des vétérans des guerres d’Irak et du Viêtnam). Il s’agit donc là aussi d’un roman de l’ailleurs si l’on veut – mais pas d’un roman du voyage. Mais cela n’a pas d’importance. L’important, ce n’est pas le lieu géographique dans lequel se déroule l’action, mais le lieu intime, la psychologie, les rêves, les passions, les désirs des personnages, leur positionnement existentiel, leurs questions, qui sont les nôtres, sur la vie, la mort, le souvenir et le temps enfui. Le décor importe peu, d’ailleurs il n’y en a pas vraiment : l’action se déroule dans un même lieu neutre à Las Vegas, si l’on excepte un flash-back au Viêtnam. L’action, ce sont les dialogues, la psychologie et les pensées du personnage principal. Des femmes disparaissent a beau se dérouler en Chine, aux USA et au Japon, il n’y a là non plus pratiquement pas de descriptions des lieux. Seule l’onomastique crée une sorte de distance par rapport à un lecteur français. Si ces romans, et les autres, se situent dans d’autres réalités géographiques que celle dans laquelle je vis ordinairement, je le dois évidemment à mes voyages, et à certains de ces états de léger déséquilibre, de mini-vertige, que j’ai pu éprouver par moments, comme en longeant le jardin public de Vladivostok. Sans doute me faut-il une poussée dans le dos, un signe, pour provoquer en moi le besoin de fictions. Et peut-être cette poussée est-elle consécutive à ces états d’instabilité momentanée, de perte de repères, qu’il m’arrive d’éprouver parfois lors de mes voyages. Ce que j’essaie de traduire, en somme, c’est ce léger déséquilibre-là, et les bouleversements intimes, souvent insaisissables, qu’il a provoqués. Ce qui m’intéresse dans mes fictions, ce n’est pas de restituer une vérité géographique, c’est d’explorer des continents privés, et d’aborder des questions relatives à la mémoire, au temps, et aux causalités secrètes qui dictent nos vies. Pour la dimension géographique, d’ailleurs, j’écris autre chose que des romans.
10 J’ai parlé de mes arrière-grands-parents navigateurs au début de ce texte. L’un d’entre eux, le père de ma grand-mère maternelle, est souvent présent dans mes livres. Dans un petit texte que j’avais écrit sur Conrad (paru dans Entrer dans des maisons inconnues), je fais embarquer le jeune Teodor Józef Konrad Korzeniowski à Marseille en 1874 sur le bateau que commandait le père de cet arrière-grand-père. Dans Du Tibet au Yunnan, qui sort en avril 2018, un récit de voyage écrit avec Éric Faye sur les traces, en Chine et au Tibet, d’Alexandra David-Néel, il est question d’un voyage que fit Alexandra de Singapour à Kobé en 1919 – voyage qui s’était déroulé sur le paquebot “Cordillère” que commandait ce même arrière-grand-père. Lequel parfois s’invite sans être convié : dans Selon Vincent, il est question d’une goélette, “La Romanche” partie pour la Terre de Feu dans les années 1880. J’ai su, après avoir écrit et publié le livre, que mon arrière-grand-père avait été mousse à son bord. Peut-être, donc, manière de boucler la boucle, tout cela (certains itinéraires personnels, géographiques et littéraires) est-il, oui, un peu dicté – mais je ne sais pas très bien par quoi, ni par qui.
11 “On peut donc voyager non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver”, écrivait Jean Grenier. Après des années de voyages et d’écriture, d’intériorisation de l’ailleurs, c’est toujours là que j’en suis.
Christian Garcin

Notes


[1]Jean Echenoz, “Genie civil”, Caprice de la reine. Récits, Éditions de Minuit, 2014, p. 63.







2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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