Glissements de terrain. Les enquêtes post-militantes de Jean Rolin

Églantine Colon

Résumé


Ancien établi maoïste, devenu journaliste et écrivain, Jean Rolin a produit depuis les années 1980 une somme de récits polygénériques qui, au croisement de la littérature de voyage, de l’enquête socio-journalistique, du récit historique et de l’étude géographique, se laissent aisément interpréter au prisme des “littératures de terrain”. Lorsque Rolin place son écriture sur les lieux désindustrialisés, précarisés des anciens combats militants, son approche des périphéries urbaines contemporaines n’est pas seulement tributaire, toutefois, des procédures des sciences humaines : elle négocie également le poids d’un héritage à la fois spectral et encombrant—celui du militantisme maoïste des années 1960 et 1970 et de la définition du terrain qui s’y est élaborée. Il s’agit ici de rendre compte d’une trajectoire, par laquelle, de Zones à La Clôture, en passant par L’organisation, s’organise un dépassement de la conception militante du terrain, et un renouvellement des pratiques théoriques emblématiques du maoïsme (l’enquête, le récit d’établissement). Au creux des glissements de terrain ayant transformé les périphéries parisiennes et les pratiques de leurs habitants, les enquêtes littéraires de Jean Rolin façonnent au fil des récits les modalités d’une figuration proprement post-militante de la précarité urbaine.

Mots-clés


Jean Rolin ; maoïsme ; enquête urbaine ; littérature et politique ; périphérie

Texte intégral :

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2012 | Revue critique de fixxion française contemporaine |  (ISSN 2033-7019)  |  Habillage: Ivan Arickx |  Graphisme: Jeanne Monpeurt
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