No 4 (2012)

Fictions de soi


Page couverture

dirigé par Barbara Havercroft et Michael Sheringham

Depuis les années 70, l’essor de textes autobiographiques tous azimuts le dispute à la floraison concomitante d’écrits théoriques et critiques visant à en rendre compte. Philippe Lejeune, qui a fondé l’autobiographie comme genre autonome sur le pacte autobiographique scellé par le nom propre et sur la sincérité de l’auteur dans sa tentative de dire vrai, avait prévu l’existence de textes hybrides, où se mêlent fiction et “faits”, et où le personnage principal porte le nom de l’auteur. Depuis lors, la célèbre “case vide” de son Pacte autobiographique s’est amplement remplie. Par ailleurs, le concept d’autobiographie s’est trouvé bousculé par l’arrivée de nouvelles pratiques brouillant les critères génériques (ainsi Fils de Serge Doubrovsky en 1977, première “autofiction” française) et le débat épineux sur le terme est loin d’être clos.

Ce numéro examine les diverses modalités de la fictionnalisation de soi dans des variantes de l’autofiction, du roman autobiographique ou d’autres formes hybrides. Quels sont les différents procédés textuels mobilisés ? Qu’en est-il des jeux onomastiques ? Pourrait-on parler de visée éthique, quand la fiction côtoie la “vérité” et le “vécu” ? Quel est l'impact du genre sexuel ou de l’ethnicité ? Comment se construit et se représente la subjectivité dans de tels textes ? Et comment la fictionnalisation de soi se pratique-t-elle au cinéma et dans les arts plastiques ?